Le Coin des Petits

Reconnaître les signes de l'hypertonie chez le bébé pendant les jeux

Reconnaître les signes de l'hypertonie chez le bébé pendant les jeux

Le petit panier de balles sensorielles est renversé sur le tapis, et la lumière de novembre, un peu grise ici à Caen, souligne chaque mouvement dans le salon. Je tiens doucement la main d'un petit que je garde, essayant de guider ses doigts vers une balle à picots souples, mais je sens une résistance inhabituelle. Ses petits muscles ne se relâchent pas ; ses doigts restent serrés, presque verrouillés, comme s'il luttait contre un vent invisible.

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Quand le corps semble un peu trop « solide »

C'était au début du mois de novembre dernier. Ce petit garçon, d'habitude si joyeux, me semblait étrangement « raide ». On parle souvent de la souplesse légendaire des bébés, mais là, c'était différent. En essayant de l'installer pour le jeu, j'avais l'impression de manipuler une petite statue de bois plutôt qu'un nourrisson. Ce n'était pas de la mauvaise volonté, c'était physique. J'ai commencé à me poser des questions, tout en rangeant les blocs de bois qui traînaient.

Main serrée d'un bébé à côté d'une balle sensorielle texturée.

Juste après les vacances d'hiver, en janvier, le motif a commencé à se dessiner plus clairement. Lors des changes, ses jambes me faisaient penser à des ressorts rigides. Vous savez, ce moment précis où, en chantant une comptine, je sens sa jambe résister à une flexion douce, comme un ressort qui veut claquer en arrière instantanément. C'est une sensation très particulière pour une assistante maternelle : on a l'habitude du « mou », du malléable, pas de cette tension constante qui semble ne jamais s'éteindre, même pendant le sommeil ou les moments de calme.

J'ai souvent eu ce débat silencieux en le berçant : est-ce juste un tempérament bien trempé, un enfant très tonique, ou devrais-je commencer à noter ces mouvements si rigides dans mon cahier ? On ne veut jamais être l'oiseau de mauvais augure, surtout quand on n'est pas médecin. Mais mon rôle, c'est l'observation. C'est regarder comment il attrape, comment il se tourne, et si ses mains s'ouvrent enfin. Normalement, on s'attend à ce que les poings se desserrent vers 3 mois, mais là, le petit poing restait une citadelle fermée.

Le jeu comme miroir de la tension

À la fin du printemps, j'ai tenté d'intégrer des jeux plus fluides. Nous avons sorti les foulards en soie et les bacs d'eau tiède. Je pensais que la douceur de la soie ou la température de l'eau aiderait ses muscles à lâcher prise. Pourtant, même en flottant dans l'eau, ses bras restaient collés au buste, ses épaules hautes. C'est là que j'ai remarqué un signe souvent cité : le dos qui s'arquait de façon spectaculaire dès qu'il était frustré ou même simplement stimulé par un nouveau jouet.

Foulards en soie colorés utilisés pour des jeux d'éveil sensoriel doux.

On appelle cela l'hypertonie, une tension musculaire excessive qui rend les mouvements moins fluides. J'ai d'ailleurs écrit un article sur l'inverse, pour savoir comment reconnaître les signes d'hypotonie chez le bébé, car chaque enfant porte sa propre signature corporelle. Dans le cas de ce petit, chaque tentative de jeu moteur devenait un combat contre sa propre raideur. Il voulait atteindre le hochet, mais son bras partait d'un bloc, sans la souplesse du coude.

Une chose m'a frappée : contrairement aux idées reçues, chercher à détendre systématiquement un bébé raide en forçant le mouvement ou en massant vigoureusement peut parfois renforcer ses tensions. Le corps perçoit cette « aide » comme une agression et se verrouille encore plus. J'ai compris qu'il ne fallait pas chercher à « casser » la raideur, mais plutôt à proposer des postures où le bébé se sent assez en sécurité pour l'abandonner lui-même. C'est un équilibre fragile entre stimulation et relâchement.

Se former pour mieux observer sans paniquer

Il y a environ un mois, j'ai ressenti le besoin de mettre des mots plus précis sur mes observations. J'ai suivi la Formation Retard Psychomoteur 0-3 ans. Ce fut un vrai coup de cœur, notée 4.5 par les utilisateurs, et je comprends pourquoi. Elle m'a permis de faire la différence entre un bébé « nerveux » et une véritable hypertonie qui nécessite un avis médical. Elle m'a aussi rappelé que mon travail n'est pas de soigner, mais de signaler avec précision ce que je vois pendant les heures de garde.

Cahier de notes d'une assistante maternelle avec un jouet en bois.

Grâce à cela, j'ai pu observer des détails que je ratais auparavant. Par exemple, la façon dont il se tenait « sur la pointe des pieds » dès qu'on le redressait un peu, ou cette difficulté à ramener ses mains vers le milieu de son corps, vers sa bouche. La formation explique très bien comment le développement moteur global s'imbrique. Si vous vous demandez comment stimuler le développement moteur global de bébé, comprendre ces blocages est la première étape indispensable.

J'ai aussi jeté un œil à la Formation Approche Multisensorielle SNOEZELEN. Bien qu'elle soit pensée pour les structures, j'y ai piqué des idées pour créer une ambiance qui favorise la détente musculaire par la lumière et les sons doux, ce qui est particulièrement utile pour les petits dont le système nerveux semble toujours en alerte. Parfois, il suffit de baisser l'intensité lumineuse pour voir une épaule descendre d'un millimètre.

Parler aux parents : le rôle de l'assistante maternelle

Vient toujours le moment délicat : partager ses notes. Au début de l'été, j'ai pris un temps avec les parents. J'ai évité les grands mots médicaux. J'ai simplement montré mon cahier : « Regardez, j'ai remarqué que pendant les chansons, ses jambes restent très tendues, comme s'il faisait un effort permanent. » J'ai suggéré de vérifier cela avec leur pédiatre lors de la prochaine visite, en apportant le carnet de santé.

Pieds d'un bébé sur un tapis moelleux dans un espace de jeu calme.

C'est une étape qui fait peur, mais qui libère. Les parents avaient remarqué cette « force » incroyable, mais ils ne savaient pas que cela pouvait entraver ses futures étapes, comme le quatre-pattes. Ils ont finalement consulté et ont été orientés vers un CAMSP pour quelques séances de psychomotricité. Aujourd'hui, on travaille ensemble : je continue les jeux doux ici, en évitant les excitations trop fortes avant la sieste. D'ailleurs, j'ai dû adapter mes méthodes pour relaxer un bébé agité avant la sieste, car le sommeil est souvent le premier impacté par ces tensions physiques.

Travailler à hauteur de bébé, c'est accepter que chaque corps raconte une histoire différente. Parfois l'histoire est un peu plus tendue, un peu plus rigide, mais avec les bons outils d'observation, on peut aider l'enfant à trouver son propre chemin vers la fluidité. Si vous voulez vous aussi affiner votre regard et ne plus passer à côté de ces petits signes qui changent tout, je vous conseille vraiment de jeter un œil à la formation sur le retard psychomoteur. Elle donne une confiance incroyable dans nos gestes quotidiens et nous permet d'être ce relais bienveillant dont les familles ont tant besoin.

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